Vous avez traversé plusieurs traditions, aucune n’avait le dernier mot
Vous avez médité. Pratiqué le yoga, peut-être. Exploré le tantra, le bouddhisme, la non-dualité. Vous avez lu Jung, Krishnamurti, peut-être Corbin.
Et à chaque fois, quelque chose s’est passé : plus vous avanciez dans un système, plus vous en voyiez la limite. Chaque enseignement, aussi profond soit-il, se met à enfermer dès l’instant où l’on s’y identifie entièrement.
Ce n’est pas un désenchantement. C’est ce qui arrive à quelqu’un qui cherche vraiment, et c’est en général le moment où le travail devient sérieux.
Ce que « école » veut dire ici, et ce que ça ne veut pas dire
Le mot fait peur, à juste titre. On imagine une doctrine, un maître, une appartenance — et l’histoire des écoles spirituelles donne de bonnes raisons de s’en méfier.
Alors précisons, puisque c’est ici qu’on a la place de le faire.
Ce qui se transmet, ce sont des cadres de pratique. Un lieu, un temps, une méthode, des pairs. Pas un contenu à recevoir : une manière de regarder, qu’on éprouve soi-même ou qui ne vaut rien.
Personne n’a autorité sur ce que vous trouverez. J’anime, je tiens le cadre, je propose des instructions. Ce qui surgit ensuite ne m’appartient pas, et je n’ai pas à le valider. Il m’arrive d’être surpris, et c’est plutôt bon signe.
Rien n’est à croire. Aucune adhésion n’est demandée, aucune allégeance, aucune signature. On peut arriver d’une tradition, en garder ce qu’on veut, et repartir avec autre chose.
Et le travail se fait en petit nombre. Non par rareté organisée : parce qu’au-delà d’un certain effectif, plus personne n’est vraiment accompagné.
Nous baignons tous dans un océan psychique
Le nom joint deux mots.
La psyché — votre univers intérieur, avec ses couches conscientes, subconscientes et collectives.
Le mycélium — ce réseau de filaments qui, sous le sol d’une forêt, relie les arbres entre eux, fait circuler l’eau, le sucre, les signaux d’alarme. On ne le voit pas. On marche dessus.
Les deux disent la même chose. Nos pensées, nos émotions, nos intuitions ne surgissent pas dans le vide : elles émergent d’une matrice partagée, plus ou moins consciemment, avec tous ceux qui nous entourent.
Les traditions hindoues appellent cela la Lila — le jeu. Non pas un divertissement : un jeu au sens où il a des règles, des joueurs, et où l’on peut y jouer distraitement ou en connaissance de cause. Le jeu consiste à connaître ce en quoi nous baignons, de plus en plus intimement, dans sa pleine vérité.
La plupart des gens y dérivent sans le savoir, portés par les courants collectifs, les conditionnements familiaux, les empreintes d’une époque. Ils prennent pour leurs pensées ce qui traverse tout le monde en même temps, et pour leur caractère ce qui n’est qu’un courant.
On peut aussi apprendre à y naviguer. C’est une compétence, pas une grâce : percevoir les mouvements de la psyché collective, reconnaître ce qui vient de soi et ce qui vient d’ailleurs, et cesser d’être agi. Elle se travaille, lentement, et c’est l’objet de cette école.
Pourquoi les réponses toutes faites finissent toujours par lâcher
Il vient dans chaque vie des moments de frustration, d’angoisse, de perte de sens. Des moments où l’existence pèse.
Les écoles spirituelles ont cherché, à chaque époque, à y répondre par des pratiques et des règles de vie. Ces réponses sont exactes, et elles ne suffisent jamais longtemps — parce qu’aucune règle générale n’épouse la singularité d’une circonstance.
Et il y a pire. Dès qu’on se définit par un système, on se prépare de nouveaux lieux de peur : il faudra désormais défendre ce qu’on est devenu.
Alors comment discerner, dans le dédale, ce qui appelle vers le vrai de ce qui nourrit la séparation ?
La qualité de la relation à l’autre est l’une des rares boussoles fiables. Avec la capacité d’exprimer directement ce qu’on est. Ce sont deux choses qui ne se falsifient pas facilement.
Pour qui cherche depuis longtemps et se méfie des réponses
Cette école s’adresse à des personnes habitées par un questionnement qui ne s’éteint pas, et qui ont compris qu’aucune voie préétablie ne détient de réponse absolue.
Elles ont exploré plusieurs traditions et en sont ressorties avec du respect, quelques outils, et cette certitude-là. Elles cherchent à affiner leur discernement plutôt qu’à suivre un enseignement. Elles préfèrent l’inconfort de l’incertitude aux réponses rassurantes.
Beaucoup fonctionnent d’une manière qu’elles ont fini par tenir pour un défaut : elles comprennent vite, elles perçoivent des choses que les autres ne semblent pas percevoir, et elles ont appris tôt à ne pas le dire.
Nous ne promettons pas de solution, et nous ne détenons aucune clé. Ce qui est offert ici est un espace de recherche, un cadre de pratique, et des pairs engagés dans la même chose.
Et une précision qui a son importance : ce travail n’est pas un soin. Il ne remplace ni un traitement médical, ni un suivi psychiatrique ou psychothérapeutique en cours.
Yves-Marie L’Hour

La question qui n’a jamais cessé de m’habiter
Comment vivre pleinement dans ce monde sans s’y perdre ? Comment rester fidèle à sa vérité profonde sans fuir la complexité de l’incarnation ?
Je ne sais plus quand cette question a commencé. Probablement dès l’enfance.
J’étais ce qu’on appellerait aujourd’hui un tempérament hypersensible : en décalage constant avec le paradigme matérialiste dominant, et viscéralement attaché aux mécanismes de survie. Rien de relatif ne pouvait être absolument vrai. Chaque point de vue, chaque croyance pouvait être renversée — et je le voyais trop bien.
La révolte et la tentation de la fuite
Cette lucidité a produit une révolte profonde. Contre la souffrance d’abord. Puis contre la violence ordinaire des relations humaines — celle qui ne fait pas de bruit et qui use. Et par prolongement, contre la matière elle-même, contre le corps, contre le fait d’être ici.
La vérité pure semblait m’inviter à renoncer au monde. Et c’était cohérent : si rien de ce qui est relatif ne tient, pourquoi s’y attacher ?
La tentation a été grande de me retirer complètement. J’ai failli emprunter ce chemin — pas comme on hésite entre deux options, mais comme on penche vers ce qui semble être la seule issue honnête.
Quelque chose en moi n’a pas suivi. Pas un argument : je n’en avais pas. Une voix têtue, qui répétait qu’il devait exister une manière de vivre ici sans en être dupe. Je ne savais pas laquelle. J’ai mis des années à la trouver, et je ne l’ai trouvée qu’en la vivant.
Le long chemin de la réconciliation
Mon parcours a été celui d’une réconciliation lente entre deux polarités qui semblaient inconciliables : la vérité pure et l’engagement dans le monde.
J’ai d’abord cherché du côté de la physique — la mécanique quantique, pour sa remise en cause de notre perception ordinaire du réel. Les équations ne suffisaient pas. J’ai poursuivi en philosophie et en sociologie à l’Université Paris IV-Sorbonne, où j’ai été doctorant en philosophie.
En parallèle, une longue plongée dans les traditions de sagesse et les approches thérapeutiques : quatorze ans de formation en tantra avec Sudheer Roche — d’où est né le Nava-Tantra —, trois ans de Somatic Experiencing avec Michel Schittecatte, deux ans de NARM avec Lawrence Heller, trois ans de Clarification dans la lignée de Charles Berner. J’ai exploré l’Advaita Vedanta, le tantrisme, le taoïsme, le bouddhisme vajrayana et le Dzogchen.
J’ai cherché la vérité dans les laboratoires et dans les ashrams. Dans les équations et dans les états modifiés de conscience.
Et lentement, j’ai compris une chose : la vérité ne demandait pas le rejet du monde, mais sa transfiguration. L’incarnation n’était pas l’ennemie de la transcendance — elle en était le terrain de jeu.
Ce que tout cela a fini par donner
Pendant longtemps, j’ai tenu ces approches séparées. Le corps d’un côté, la parole de l’autre, la contemplation ailleurs. Chacune avait raison dans son domaine, et aucune ne parlait aux autres.
Ce qui les a réunies n’est pas une théorie. C’est une observation, faite et refaite, séance après séance : tout ce qui se dénoue chez quelqu’un se dénoue dans une relation. Y compris ce qui semblait n’appartenir qu’à lui.
La Clarification Relationnelle® est née de là. Ce n’est pas une méthode de plus à ajouter aux précédentes : c’est ce qui reste quand on regarde ce qu’elles ont en commun. Elle se tient au croisement de deux axes qu’on sépare presque toujours.
La verticale — le spirituel, la contemplation, l’expérience directe de ce que l’on est. Ce qu’on appelle monter, et qui ressemble plutôt à descendre.
L’horizontale — la relation. Ce qui passe entre deux personnes, ce qui se dit, et surtout ce qui ne s’est jamais dit.
On les travaille chacune de son côté. On médite le matin, on soigne ses relations le reste du temps, et l’on espère qu’un jour les deux se rejoindront. Ils ne se rejoignent pas d’eux-mêmes.
Ce que j’ai fini par voir, c’est qu’ils se croisent en un seul point : ici, maintenant, avec qui est là.
Le présent n’est pas le décor de la pratique spirituelle. Il en est le terrain, et le seul. Et puisque tout ce qui se présente est relation — à une personne, à une chose, à un souvenir, à ce qui manque — il n’y a aucun moment où la pratique s’arrête.
C’est le travail de toute une vie, et il tient en une phrase : tout est relation. Il faut une vie pour le voir vraiment.
Les approches que cela rassemble
Ce que je transmets s’appuie sur ce que j’ai longuement pratiqué, et rien n’y est décoratif : chaque approche couvre une dimension que les autres ne touchent pas.
- Les approches corporelles et post-traumatiques — Somatic Experiencing, NARM, RITMO
- Les approches psycho-énergétiques et transpersonnelles — tantra thérapeutique, rebirth
- Les approches brèves — hypnose ericksonienne, PNL
- La thérapie non-directive et l’animation de groupe, dans la lignée de Carl Rogers
- Et les retraites intensives « Qui suis-je ? », dans la lignée de Charles Berner
Mais au-delà des techniques, ce qui guide ce travail est toujours la même chose : l’orientation vers la connaissance du Soi. Pas comme une abstraction — comme une expérience vécue, dans une relation.
La mission
Il y a une phrase que je ne sais pas dire autrement, et qui explique pourquoi je continue.
Tant qu’un seul être ne vivra pas dans sa vérité, tant qu’il restera de la souffrance à traverser, il y aura quelque chose à faire. Ce n’est pas un programme, c’est un constat. Je n’ai pas trouvé de raison de m’arrêter avant.
Ce que je peux faire est modeste et précis : accompagner une personne à la fois, aussi loin qu’elle veut aller, et jamais plus loin que ce qui est juste pour elle. Ne rien forcer. Ne résister à rien de ce qui vient.
Il arrive qu’on soit dépassé par quelqu’un qu’on accompagne. C’est peut-être ce qui peut arriver de mieux.
Mon travail aujourd’hui
Depuis 2003, j’accompagne des personnes en quête de sens à travers :
- des séances individuelles, en cabinet ou en visio
- des stages et formations résidentiels, intégrant les dimensions corporelle, relationnelle et transpersonnelle
- les retraites intensives « Qui suis-je ? », dans la lignée de Charles Berner
- l’animation de groupes de pratique continue
- et Psycelium, cet espace de recherche partagée
Si quelque chose vous a reconnu dans ces lignes
Il ne s’agit pas de savoir s’il faut choisir entre la vérité et le monde. Il s’agit de savoir comment on vit l’une à travers l’autre.
Si c’est votre question aussi, nous avons sans doute un bout de chemin à faire ensemble.
« La question n’est plus de savoir si nous devons choisir entre la vérité et le monde. La question est : comment vivons-nous la vérité à travers le monde ? »
