En savoir plus sur Yves-Marie L’Hour, créateur de Psycelium.org ↓
Vous avez traversé plusieurs traditions, aucune n’avait le dernier mot
Vous avez pratiqué la méditation, le yoga, le souffle, les psychédéliques…
Vous avez exploré le tantra, le bouddhisme, la non-dualité…
Vous avez lu : Jung, Krishnamurti, Nisargadatta, peut-être Silburn, Corbin ou Lavelle…
Et à chaque fois, quelque chose s’est passé : plus vous avanciez dans un système, plus vous en voyiez la limite. Chaque enseignement, aussi profond soit-il, se met à enfermer dès l’instant où l’on s’y identifie entièrement.
Ce n’est pas un désenchantement. C’est ce qui arrive à quelqu’un qui cherche vraiment, et c’est en général le moment où le travail devient sérieux.
Ce que « école » veut dire ici, et ce que ça ne veut pas dire
Le mot fait peur, à juste titre. On imagine une doctrine, un maître, une appartenance — et l’histoire des écoles spirituelles donne de bonnes raisons de s’en méfier.
Alors précisons, puisque c’est ici qu’on a la place de le faire.
Ce qui se transmet, ce sont des cadres de pratique. Un lieu, un temps, une méthode, des pairs. Une manière de regarder, qu’on éprouve soi-même ou qui ne vaut rien.
Personne n’a autorité sur ce que vous trouverez. J’anime, je tiens le cadre, je propose des instructions. Ce qui surgit ensuite ne m’appartient pas, et je n’ai pas à le valider. Il m’arrive d’être surpris, et c’est plutôt bon signe.
Rien n’est à croire. Aucune adhésion n’est demandée, aucune allégeance, aucune signature. On peut arriver d’une tradition, en garder ce qu’on veut, et repartir avec autre chose.
Et le travail se fait en petit nombre. Au-delà d’un certain effectif, plus personne n’est vraiment accompagné.
Nous baignons tous dans un océan psychique
Le nom Psycelium joint deux mots.
La psyché — votre univers intérieur, avec ses couches conscientes, subconscientes et collectives.
Le mycélium — ce réseau de filaments qui, sous le sol d’une forêt, relie les arbres entre eux, fait circuler l’eau, le sucre, les signaux d’alarme. On ne le voit pas. On marche dessus.
Les deux disent la même chose. Nos pensées, nos émotions, nos intuitions ne surgissent pas dans le vide : elles émergent d’une matrice partagée, plus ou moins consciemment, avec tous ceux qui nous entourent.
Les traditions hindoues appellent cela la Lila — le jeu. Un jeu au sens où il a des règles, des joueurs, et où l’on peut y jouer distraitement ou en connaissance de cause. Le jeu consiste à connaître ce en quoi nous baignons, de plus en plus intimement, dans sa pleine vérité.
La plupart des gens y dérivent sans le savoir, portés par les courants collectifs, les conditionnements familiaux, les empreintes d’une époque. Ils prennent pour leurs pensées ce qui traverse tout le monde en même temps, et pour leur caractère ce qui n’est qu’un courant.
On peut aussi apprendre à s’y orienter. C’est une compétence : percevoir les mouvements de la psyché collective, reconnaître ce qui vient de soi et ce qui vient d’ailleurs, et cesser d’être agi. Elle se travaille, lentement, et c’est l’objet de cette école.
Pourquoi les réponses toutes faites finissent toujours par lâcher
Il vient dans chaque vie des moments de frustration, d’angoisse, de perte de sens. Des moments où l’existence pèse.
Les écoles spirituelles ont cherché, à chaque époque, à y répondre par des pratiques et des règles de vie. Ces réponses sont exactes, et elles ne suffisent jamais longtemps — parce qu’aucune règle générale n’épouse la singularité d’une circonstance.
Et il y a pire. Dès qu’on se définit par un système, on se prépare de nouveaux lieux de peur : il faudra désormais défendre ce qu’on est devenu.
Alors comment discerner, dans le dédale, ce qui appelle vers le vrai de ce qui nourrit la séparation ?
La qualité de la relation à l’autre est l’une des rares boussoles fiables. Avec la capacité d’exprimer directement ce qu’on est. Ce sont deux choses qui ne se falsifient pas facilement.
Pour qui cherche depuis longtemps et se méfie des réponses
Cette école s’adresse à des personnes habitées par un questionnement qui ne s’éteint pas, et qui ont compris qu’aucune voie préétablie ne détient de réponse absolue.
Elles ont exploré plusieurs traditions et en sont ressorties avec du respect, quelques outils, et cette certitude-là. Elles cherchent à affiner leur discernement plutôt qu’à suivre un enseignement. Elles préfèrent l’inconfort de l’incertitude aux réponses rassurantes.
Beaucoup fonctionnent d’une manière qu’elles ont fini par tenir pour un défaut : elles comprennent vite, elles perçoivent des choses que les autres ne semblent pas percevoir, et elles ont appris tôt à ne pas le dire.
Nous ne promettons pas de solution, et nous ne détenons aucune clé. Ce qui est offert ici est un espace de recherche, un cadre de pratique, et des pairs engagés dans la même chose.
Et une précision qui a son importance : cette approche n’est pas une approche médicale. Elle ne remplace ni un traitement médical, ni un suivi psychiatrique ou psychothérapeutique en cours.
Yves-Marie L’Hour
Une question plus ancienne que moi
Comment vivre pleinement dans ce monde sans s’y perdre ? Comment rester fidèle à ce qui est vrai sans fuir la complexité d’avoir un corps, une histoire, des liens ?
Je ne sais pas quand cette question a commencé. Probablement dès l’enfance.
Un enfant solitaire, qui vivait dans son monde
J’étais un enfant plutôt solitaire, autonome, qui vivait très tôt dans son monde. Il y avait des moments de vraie joie, et d’autres de mélancolie. Je me souviens de moments de connexion, de présence, de perfection : de brèves failles dans le tissu de la confusion, comme une étincelle d’éveil. Il y avait aussi beaucoup de colère, faite de toutes les émotions que je gardais refoulées.
Mon moment préféré était le soir, à l’heure du coucher. Je savais que j’allais pouvoir voyager, quitter les contraintes de ce monde et de la matière. La nuit était un espace d’exploration : chaque soir, je me projetais ailleurs.
Avant dix ans, le rêve lucide et l’auto-hypnose
Je me suis vite intéressé à la nature de la réalité et aux états modifiés de conscience. Avant l’âge de dix ans, j’avais déjà fait bien des expériences de ce côté-là : des états d’auto-hypnose, le rêve lucide, et une question qui revenait sans cesse — l’esprit et le corps peuvent-ils se dissocier, ou non ?
J’étais passionné par ce mystère. Je comprends aujourd’hui qu’il me servait aussi d’issue, parce que ce monde-ci, la réalité matérielle, m’était compliqué. Je fuyais la matière : elle était trop dure.
Autour de moi, on parlait beaucoup des choses et peu de soi. Il y avait une grande pudeur à dire ce qu’on ressentait. Quand je posais des questions sur le bien, le mal, la souffrance ou la nature du réel, on me répondait : sois pragmatique, sois terre à terre. Je ne comprenais pas. Il y avait du vrai dans ce conseil, je le vois maintenant. Je me sentais seulement en décalage avec mes propres questions.
Chercher une issue hors de la condition incarnée
J’étais pris dans un conflit avec la matière, et ce conflit se jouait dans le mental. Je n’acceptais pas la condition incarnée. Toute ma quête consistait presque à trouver une échappatoire, une naissance hors de cette identification au corps et à la vie.
Si la vie consistait à se réaliser socialement, à fonder une famille et à créer un bonheur fugace avant la maladie, la vieillesse et la mort, avant de tout perdre, elle n’avait pas de sens à mes yeux. Il me fallait autre chose, de plus solide que les pertes et les deuils.
Alors j’ai beaucoup investi les imaginaires. Je passais du temps dans les lectures, dans des réalités alternatives, dans tout ce qui ressemblait à une autre réalité que celle-ci.
Avec le recul, j’y vois beaucoup de résistance : de la peur, du refus, et le sentiment d’une contrainte, d’un enfermement.
L’un des grands thèmes de ma vie aura été de me réconcilier avec l’incarnation, avec la matière, avec la vie.
Les gnostiques, les cathares, les bouddhistes, une parenté reconnue plus tard
Quelques années plus tard, j’ai compris que cette recherche rejoignait celle des gnostiques des premiers siècles, et celle de certains bouddhistes : des approches dualistes, qui cherchaient à échapper à la prison de la matière et à l’ombre du mental. Jacques Lacarrière, dans Les Gnostiques, décrit ainsi leur vision du monde :
« Tous les êtres vivants de notre monde sont, aux yeux des gnostiques, les sédiments d’un ciel perdu. »
« La pesanteur, le froid et l’immobilité sont à la fois notre condition, notre destin et notre mort. »
Je reconnaissais là mon propre conflit avec la réalité. Il m’a fallu du temps pour cesser de combattre la matière, apprendre à la voir telle qu’elle est et sortir de l’illusion mentale qui la fait exister, parce que nous refusons une partie de l’expérience.
Tout cela a été un chemin. Je comprends aujourd’hui qu’il n’y a pas de conflit entre une approche qui voudrait aimer ce monde et une autre qui voudrait le rejeter. Le mental lui-même est au service de la vérité : il finit par nous y ramener. De la même façon, Satan, le Shaytan, celui qui sépare, est le serviteur indirect de Dieu. Rien ne se passe sans la participation et le consentement absolu de l’Unité. C’est en tout cas ma perspective aujourd’hui.
Les gnostiques, les cathares, les bouddhistes, toutes ces voies dualistes restent présentes en moi. Je les vois comme des frères sur le chemin.
Des mathématiques à la philosophie, de l’art numérique à la thérapie
Une des rencontres qui ont compté à cette époque a été celle de Sudheer Roche, psychologue clinicien, qui pratiquait les approches issues des thérapies humanistes et reichiennes, et enseignait le tantra. Je l’ai suivi pendant quatorze ans. Avec lui a commencé le travail sur moi, puis les formations, nombreuses.
Tout cela s’est fait en même temps qu’un parcours universitaire et professionnel : les mathématiques et la physique d’abord, puis l’économie, puis la philosophie à l’Université Paris IV-Sorbonne, où j’ai été doctorant. Chacune de ces disciplines était une manière de me débattre dans la même tension, entre la réalité matérielle et la soif de comprendre.
Il y a eu l’art aussi. Pendant quelques années, j’ai cherché du côté de l’art numérique. J’ai fondé plusieurs associations, des groupes de recherche et de performance autour des rapports entre l’image et le son. Je cherchais un langage universel, dans la lignée de Kupka et de Kandinsky : des formes de communication directe, qui échapperaient à la relativité du langage verbal.
Puis les écoles orientales : l’Advaita Vedanta, le taoïsme, le bouddhisme vajrayana, le Dzogchen. Je me suis aussi un peu perdu, un temps, dans des approches syncrétiques, avant de revenir à quelque chose de plus pragmatique avec les approches thérapeutiques. Les thérapies psychocorporelles, l’hypnose d’inspiration ericksonienne, l’écoute non directive de Carl Rogers et la Non Directivité Intervenante de Michel Lobrot. Trois ans de Somatic Experiencing dans la lignée de Peter Levine, deux ans de NARM avec Laurence Heller, trois ans de Clarification dans la lignée de Charles Berner. L’art-thérapie, le théâtre spontané, le dessin, l’écriture intuitive. Toutes ces approches m’ont nourri, et j’ai animé beaucoup de groupes.
Professionnellement, je cherchais aussi ma voie. J’avais du mal à m’engager dans des activités qui n’avaient pas de sens. En 2012, je me suis consacré à plein temps à l’accompagnement, en groupe et en individuel. Je poursuis depuis ces recherches sous différentes formes, dont l’écriture.
Longtemps seul, puis des compagnons de route
J’ai souvent avancé seul. Au fil des années, des compagnons de voyage se sont joints à moi, et je suis aujourd’hui bien plus en lien avec d’autres.
C’est assez tard que j’ai pu réunir la quête intérieure et la relation. Je les avais crues séparées. Elles forment un seul chemin.
La découverte des enseignements de Charles Berner, et de sa perspective, a été une grande inspiration pour intégrer cette compréhension : le mental se crée et se dissout dans la relation. C’est toujours dans une résistance à un autre que l’ego se forme.
Tout ce qui se dénoue se dénoue dans une relation
Longtemps, j’ai tenu ces approches séparées. Le corps d’un côté, la parole de l’autre, la contemplation ailleurs. Chacune avait raison chez elle, et aucune ne parlait aux autres.
Ce qui les a réunies est une observation, faite et refaite, séance après séance : tout ce qui se dénoue chez quelqu’un se dénoue dans une relation, y compris ce qui semblait n’appartenir qu’à lui.
La Clarification Relationnelle® est née de là. Elle garde ce que ces approches ont en commun, et elle se tient au croisement de deux axes qu’on sépare presque toujours.
La verticale : la contemplation, l’expérience directe de ce que l’on est. Ce qu’on appelle monter, et qui ressemble plutôt à descendre.
L’horizontale : la relation. Ce qui passe entre deux personnes, ce qui se dit, et surtout ce qui ne s’est jamais dit.
On les travaille d’habitude chacune de son côté. On médite le matin, on soigne ses relations le reste du temps, et l’on attend que les deux se rejoignent un jour. Elles ne se rejoignent pas d’elles-mêmes.
J’ai fini par voir qu’elles se croisent en un seul point : ici, maintenant, avec qui est là. Le présent est le seul terrain de la pratique. Et puisque tout ce qui se présente est relation, à une personne, à une chose, à un souvenir, à ce qui manque, il n’y a aucun moment où la pratique s’arrête.
Tout est relation. La phrase est courte. Il faut une vie pour la voir vraiment.
Une direction, et une perspective qui tient
La vie n’est pas devenue simple pour autant. Il y a toujours des épreuves, matérielles ou relationnelles. Mais il y a une direction. J’ai aujourd’hui une perspective à laquelle je reviens et qui est solide, sur ce que je suis et sur le sens de la vie, tel que je l’estime.
J’ai commis ce que j’ai jugé, à un moment, comme des erreurs. À un autre endroit, j’ai vu aussi que tout ce chemin était parfait, et qu’il n’y avait rien à y changer.
Toute cette quête allait vers une vision plus claire et plus juste de la réalité : m’ouvrir de plus en plus à ce qui est, et y résister de moins en moins.
Aujourd’hui, je constate que ce chemin m’a permis de dénouer beaucoup de peur, de l’autre et de la vie. Il est sans fin, et l’ouverture se poursuit : il y a toujours des niveaux d’approfondissement possibles de la vérité. Cela se joue autant dans les retraites, que je continue à vivre pour moi, que dans le quotidien, par les pratiques du Sādhana, et dans l’accompagnement des personnes.
Car il se joue quelque chose de particulier dans la clarification : en soutenant la clarification du mental d’un autre, je soutiens aussi la dissolution de mon propre mental.
Je suis en chemin, peut-être avec plus de clarté, et avec une joie renouvelée de rencontrer mes frères et sœurs sur le chemin, et de cheminer ensemble.
Ce que je transmets
Ce que je transmets s’appuie sur ce que j’ai longtemps pratiqué, et chaque approche y couvre une dimension que les autres ne touchent pas :
- le corps et la mémoire du trauma, avec le Somatic Experiencing et le NARM ;
- le souffle et les états élargis de conscience, avec le rebirth ;
- l’hypnose ericksonienne ;
- l’écoute non directive et l’animation de groupe, dans la lignée de Carl Rogers ;
- les Séminaires Intensifs vers l’Éveil (« Qui suis-je ? »), dans la lignée de Charles Berner.
Au-delà des techniques, une seule orientation : la Connaissance de Soi, vécue dans une relation.
Pourquoi je continue
Il y a une phrase que je ne sais pas dire autrement. Tant qu’un seul être ne vivra pas dans sa vérité, tant qu’il restera de la souffrance à traverser, il y aura quelque chose à faire. C’est un constat, et je n’ai pas trouvé de raison de m’arrêter avant.
Ce que je peux faire est modeste et précis : accompagner une personne à la fois, aussi loin qu’elle veut aller, et jamais plus loin que ce qui est juste pour elle. Ne rien forcer. Ne résister à rien de ce qui vient.
Il arrive qu’on soit dépassé par quelqu’un qu’on accompagne. C’est peut-être ce qui peut arriver de mieux.
Où me rencontrer
- en séance individuelle, à Paris, à Montpellier ou en visio ;
- dans les Séminaires Intensifs vers l’Éveil, de quatre ou sept jours ;
- dans les stages et la formation à la Clarification Relationnelle®, qui réunissent le corps, la relation et la contemplation ;
- dans les groupes de pratique du Sādhana, deux fois par mois ;
- et dans Psycelium, cet espace de recherche partagée.
Vivre la vérité à travers le monde
Pendant longtemps, j’ai cru devoir choisir entre la vérité et le monde. La question qui m’occupe aujourd’hui est autre : comment vivre l’une à travers l’autre.
Si c’est aussi la vôtre, nous avons sans doute un bout de chemin à faire ensemble.
