Tous nos problèmes sont des problèmes relationnels

Une femme me disait l’autre jour qu’elle avait tout fait. Dix ans de thérapie, de la méditation, du yoga, deux retraites. Elle ajoutait, comme si c’était accessoire : « et je n’ai toujours pas rappelé ma sœur ».

Le niveau de satisfaction d’une vie — de joie, d’énergie, d’élan — est indissociable de la qualité de ses relations. Avec les autres, et aussi avec son propre corps. Avec son travail, son lieu, son histoire. Avec l’ordre des choses.

C’est ce que je travaille en séance individuelle : ce qui, dans une vie, ne s’est pas ouvert vers un autre — et qui continue de peser, souvent sans qu’on sache le nommer.

Planche anatomique : cerveau, système nerveux, squelette, œil, oreille et main

Qu’est-ce que la Clarification Relationnelle® ?

C’est ma pratique principale, et c’est à partir d’elle que je travaille.

Elle part d’une observation simple, et assez contre-intuitive : le mental est fait de ce qui n’a pas été dit, ou de ce qui a été dit sans être reçu. Ce qui tourne dans la tête à trois heures du matin n’est pas une pensée : c’est une communication qui n’est jamais arrivée à destination.

Tout le monde connaît ça. La conversation qu’on refait dans sa voiture, six heures après, avec de bien meilleures répliques. La lettre qu’on n’a pas envoyée et qui revient tous les trois mois depuis onze ans. C’est un cycle resté ouvert, et un cycle ouvert attend le temps qu’il faut.

La conséquence pratique est celle-ci : si le mental est fait de communications inachevées, alors on le défait en les achevant. Il faut les dire, à quelqu’un, jusqu’à ce qu’elles soient reçues. Les analyser ne les achève pas.

La méthode vient de Charles Berner, qui l’a développée en Californie entre 1965 et 1975 sous le nom de Clarification du Mental, et qui a été introduite en France par Jacques de Panafieu. La Clarification Relationnelle® prolonge ce travail et l’élargit — j’y reviens plus bas.


Les attitudes figées : ce qui se défait en séance

Ce qui reste coincé finit par prendre une forme. On appelle ça une attitude figée : une manière de se tenir, un point de vue sur la réalité dont on n’arrive plus à sortir.

On n’est pas libre, parce qu’on est enfermé dans ce point de vue. Et s’il tient si bien, c’est presque toujours parce qu’il porte quelque chose qu’on n’a pas pu faire entendre.

Cela prend des visages reconnaissables :

  • la souffrance de ne pas être compris — par les proches, par la famille, par le milieu, par soi-même ;
  • la difficulté à dire la vérité à quelqu’un, ou à recevoir celle d’un autre ;
  • un ressentiment envers quelqu’un, qui dissimule souvent une culpabilité qu’on n’a pas voulu regarder.

Et ça se joue partout, sans exception. Dans le travail, dans la famille d’origine, dans le couple, avec ses enfants. La place qu’on occupe dans le monde, ce qu’on s’autorise, ce qu’on n’ose pas — rien de tout cela n’est étranger à ce qui n’a pas été dit.


Le mental, le corps, l’environnement : les trois dimensions

C’est ce que j’ai ajouté à l’héritage que j’ai reçu, et c’est né d’une chose que je voyais en séance sans pouvoir la traiter.

Quelqu’un peut avoir tout dit. Avoir nommé ce qu’il avait à nommer, compris avec une netteté remarquable ce qui lui est arrivé — et sursauter encore quand une porte claque. Avoir le ventre qui se serre quand le téléphone sonne. Se figer devant une personne précise, à cinquante-deux ans, sans savoir pourquoi.

La parole a fait son travail. Quelque chose est resté ailleurs.

Alors j’ai cessé de tenir séparés le travail de la parole, hérité de Berner, et le travail du corps issu de la clinique contemporaine du trauma. Parce que la blessure, elle, ne les sépare pas : elle arrive dans une phrase qu’on n’a pas pu dire et dans un ventre qui s’est noué au même instant.

En séance, cela veut dire qu’on travaille trois dimensions ensemble — le mental, le corps, l’environnement. Trois couches entre vous et l’autre, plutôt que trois chantiers successifs. Elles s’ouvrent ensemble, ou aucune ne s’ouvre tout à fait.

Concrètement : quand la gorge se ferme au moment où la phrase allait passer, on ne cherche pas le mot suivant et on ne se contente pas non plus de calmer la sensation. On ralentit, on laisse revenir le souffle, on fait sentir les appuis — et l’on reprend la phrase au mot exact où elle s’était arrêtée.


Ce que cet accompagnement ne fait pas

Il ne guérit personne.

Il restaure une capacité : celle d’entrer en lien. On ne répare pas un dedans ; on rouvre un entre.

Et il ne se fait pas seul. Contempler la vérité dans sa tête ne produit que des pensées sur la vérité. L’individu ne peut pas se reconnaître seul : il lui faut un miroir vivant — quelqu’un qui le reçoive.


Ce qui vient le plus souvent en séance

Les motifs se ressemblent moins qu’on ne croit. Ce qui revient, en revanche, ce sont des relations qui n’ont pas pu se dire.

Un couple qui s’use — ou qui a fini, et qui continue pourtant d’occuper toute la place.

Une histoire avec un père, une mère, un frère, restée en suspens depuis trente ans. Parfois la personne est morte, et ça ne change rien à ce qui reste à dire.

Une colère qu’on n’arrive ni à exprimer ni à laisser tomber — et qui, très souvent, protège une culpabilité qu’on n’a pas voulu regarder.

Un travail qui ne va plus, ou une bifurcation qu’on n’ose pas prendre. La place qu’on occupe dans le monde n’est jamais un sujet séparé.

Quelque chose qui s’est arrêté dans le corps après un événement : une réaction qui se déclenche encore, alors que tout a été compris depuis longtemps.

Une difficulté à dire non, à tenir une limite, à sortir d’une relation où l’on n’existe plus tout à fait.

Une vie intime qui s’est éteinte, ou qui n’a jamais vraiment pu se dire. Le désir d’un côté, le cœur de l’autre, et les deux qui ne se rejoignent plus. C’est l’un des sujets les plus fréquents, et l’un des plus tus.

Un rapport à l’argent qui bloque quelque chose : ce qu’on n’ose pas demander, ce qu’on n’arrive pas à recevoir, ce qu’on donne sans pouvoir s’arrêter. L’argent est une relation comme une autre, et il porte souvent une histoire de famille entière.

Et, très souvent, une recherche plus ancienne : des années de pratique, de lectures, de retraites — et le sentiment que quelque chose reste à sa place, malgré tout ce qui a été traversé. C’est la situation la plus fréquente des personnes que j’accompagne, et c’est celle pour laquelle ce travail existe.


Comment se déroule une séance

Yves-Marie L'Hour

Une séance dure une heure. Elle commence par une question simple : ce qui est là aujourd’hui.

Ensuite, ça dépend de ce qui vient. Il n’y a pas de protocole appliqué d’avance. On suit ce qui se présente — une situation en cours, une scène ancienne qui remonte, une sensation qui ne passe pas, parfois un silence dont il ne faut rien faire.

Mon rôle n’est pas de vous expliquer ce qui vous arrive. C’est de tenir un cadre où ce qui n’a pas pu se dire puisse enfin se dire, et d’être suffisamment présent pour que vous n’ayez pas à le faire seul.

Le travail se fait en présentiel ou en visio — l’un et l’autre fonctionnent, et la visio n’est pas une version dégradée.

Le rythme le plus courant est d’une séance tous les quinze jours. Certaines personnes viennent chaque semaine pendant une période resserrée, d’autres une fois par mois sur la durée. On en décide ensemble, et on le réajuste.


Somatic Experiencing, NARM, hypnose : ce qui vient en appui

Je pratique aussi d’autres approches, que j’utilise ponctuellement, quand la situation le demande — jamais comme un programme, toujours comme un outil.

La Somatic Experiencing (Peter Levine) travaille ce qui est resté figé dans le système nerveux après un événement : l’activation de survie qui n’a pas pu aller jusqu’au bout et qui attend depuis. Praticien certifié, trois ans de formation avec Michel Schittecatte.

Le NARM (Laurence Heller) éclaire les schémas d’identité qui se sont construits autour d’un manque précoce — le droit d’exister, le droit d’avoir des besoins, le droit de dire non. Praticien certifié, deux ans de formation avec Laurence Heller.

L’hypnose ericksonienne sert quand une chose résiste à l’approche directe et demande un autre angle.

Le breathwork ouvre par le souffle ce que la parole n’atteint pas encore.

Ces approches ne remplacent pas la Clarification Relationnelle® : elles la rendent possible là où elle butait. C’est le sens de mon travail — ne pas choisir entre la parole et le corps.


Pour qui, et quand ce n’est pas le bon moment

Cet accompagnement s’adresse le plus souvent à des personnes qui ont déjà cherché — en thérapie, dans une pratique, dans des livres — et qui ont fini par remarquer que les compréhensions ne changent pas grand-chose.

Il suppose une chose concrète : être prêt à dire des choses qu’on n’a pas dites.

Si vous traversez une crise aiguë, si quelque chose est encore trop vif — un deuil récent, un effondrement, une situation de danger —, ce travail n’est pas le premier geste. Il existe des accompagnements plus contenants pour cette période-là, et je vous les indiquerai volontiers.

Si vous débutez un travail sur vous, ce n’est pas un problème. Dites-le simplement, et nous commencerons par où il faut commencer.


Tarifs, lieux et modalités

Séance individuelle — 90 € / 1 h

Séance de couple — 180 € / 2 h

Supervision de praticiens — 150 € / 1 h 30

En présentiel :

Paris — 17 rue André del Sarte, 75018 (métro Anvers ou Abbesses)

Castelnau-le-Lez — 3 rue Armand Barbès, 34170 (près de Montpellier)

En visio : Zoom ou téléphone

Paiement par virement. Une séance annulée moins de 48 h à l’avance est due, sauf urgence.


Avant de prendre rendez-vous

Si vous hésitez, écrivez-moi plutôt que de réserver au hasard. Dites-moi en quelques lignes ce qui vous amène, et je vous dirai si c’est le bon moment — et si c’est moi qu’il vous faut.

Si vous avez aimé l'article, vous êtes libre de le partager ! :)