Souffle : Breathwork et Rebirth
Dates et calendrier
Le corps garde ce que la mémoire a rangé
Une dispute à sept ans. Un accident à quinze. Une trahison à trente. Le moment où l’on a retenu son souffle, de peur, de douleur ou de rage.
Le mental classe ces choses. Il les explique, les date, finit par les trouver anciennes. Le corps, lui, ne les a pas rangées. Elles sont dans les tensions qui ne partent pas, dans l’épaule qui se tient un peu trop haut, dans la respiration courte, retenue, qui se raccourcit sans raison. Ce qui n’a pas été digéré reste inscrit dans le système nerveux, sous forme de blocages émotionnels, de fatigue, de schémas qui se répètent.
On peut avoir fait des années de thérapie, compris d’où viennent ses difficultés, analysé son histoire sous tous les angles — et constater que la charge est toujours là. Comprendre est une opération du mental. Ce qui est logé dans les tissus ne s’adresse pas au mental. Le souffle intervient là.
Qu’est-ce que le rebirth ?
Le rebirth est une approche psychocorporelle apparue au début des années 1970 avec Leonard Orr, et enrichie en France par la psychologue Dominique Levadoux, qui y a intégré des apports de la psychanalyse et de la gestalt-thérapie. On parle aussi de breathwork, ou de respiration consciente et connectée.
Le principe tient en une phrase : pendant environ une heure, on respire de façon continue et circulaire, sans pause entre l’inspiration et l’expiration. Allongé, couvert, accompagné, sans rien d’autre à faire.
Cela paraît trop simple pour agir. Pourtant, sans même le savoir, nous modulons notre souffle en permanence pour ne pas sentir certaines choses : on retient sa respiration, on respire en haut de la poitrine, on coupe l’accès à ce qui fait mal. C’est une manière très ancienne et très efficace de ne pas être là. La respiration circulaire fait l’inverse : elle maintient le flux, et ce qui était tenu à distance revient à la conscience — dans un cadre sûr, accompagné, où l’on peut enfin le traverser et l’intégrer.
Ce qui se passe pendant une session
- Les premières minutes : on commence à respirer en continu. C’est étrange, un peu inconfortable ; le mental commente — « c’est bizarre », « est-ce que je fais bien ? ». C’est normal : on sort de ses habitudes respiratoires.
- L’émergence (entre dix et trente minutes) : des sensations apparaissent. Des picotements, de la chaleur, du froid, des tensions qui se manifestent. Parfois une tristesse qui monte, une colère, une peur. Parfois des images, des souvenirs, une compréhension soudaine.
- Les vagues (entre trente et cinquante minutes) : c’est souvent là que c’est le plus intense. On pleure sans savoir pourquoi, une colère ancienne remonte ; ou, au contraire, une joie profonde, un sentiment d’expansion. On n’analyse pas : on vit ce qui était resté bloqué.
- L’intégration (la dernière partie) : les vagues s’apaisent. Quelque chose s’est libéré, un espace s’est ouvert.
- L’après : beaucoup décrivent un état de clarté, de légèreté, de bien-être profond. Certains parlent d’un sentiment d’unité avec eux-mêmes ; d’autres d’une ouverture vers une dimension spirituelle qu’ils n’attendaient pas.
Ce que le souffle peut libérer
Le rebirth travaille sur plusieurs plans à la fois :
- les tensions physiques chroniques — le dos, les épaules, le ventre — souvent l’expression corporelle d’émotions retenues : quand la charge se libère, le corps se détend ;
- les expériences non digérées — accidents, deuils, abus, trahisons — que l’on n’a pas pu traverser à l’époque, et que l’on peut revivre dans un cadre sûr, jusqu’à ce qu’elles s’achèvent ;
- les schémas émotionnels répétitifs — une tristesse de fond, une colère qui revient, une anxiété chronique — dont les racines sont souvent anciennes ;
- la circulation de l’énergie vitale : beaucoup rapportent un regain de vitalité, de créativité, d’élan ;
- les limites de l’identité : au-delà des symptômes, le souffle peut faire toucher des dimensions plus vastes de soi.
Souffle et dyade : deux sens de circulation
Le rebirth clarifie de bas en haut : une sensation monte, puis une émotion, parfois une image, et le sens seulement après. La dyade de la Clarification clarifie de haut en bas : une prise de conscience, communiquée et reçue, descend dans le corps — dans le souffle qui s’ouvre, dans l’épaule qui redescend. En alternance, les deux mouvements finissent par se rejoindre : c’est le principe des stages Breathwork et Clarification.
Ce qui distingue le rebirth
- Il est direct et somatique. Nul besoin de raconter son histoire pendant des mois : certaines mémoires sont antérieures aux mots, et demandent une approche par le corps. La respiration leur donne la permission de se libérer.
- Il ne demande aucune compétence : seulement de respirer, et d’accepter d’être accompagné.
- Il est à la fois thérapeutique et spirituel : il peut dénouer une histoire personnelle, et ouvrir à une dimension plus vaste.
- Il demande du courage : celui de ne pas éviter ce qui se présente, et de rester présent même quand c’est inconfortable.
À qui s’adresse le travail du souffle
À celles et ceux qui :
- ont beaucoup travaillé — intellectuellement, en thérapie — et sentent que des charges restent bloquées dans le corps ;
- ont des tensions physiques chroniques qui résistent aux approches habituelles ;
- ont traversé des épreuves — accidents, deuils, abus — jamais complètement digérées ;
- se sentent coupés de leurs émotions, de leur vitalité, de leur élan créateur ;
- cherchent une approche corporelle et vécue, pas seulement verbale et analytique ;
- souhaitent approcher des dimensions plus vastes d’eux-mêmes.
La respiration consciente est une pratique puissante, qui peut faire remonter des contenus intenses. Elle demande un accompagnement qualifié et un cadre sûr, et des contre-indications existent : épilepsie, troubles cardiovasculaires graves, états psychotiques. Un entretien préalable permet de vérifier qu’elle vous convient.
Comment pratiquer
- En séance individuelle, en présentiel : une séance dure généralement une heure trente à deux heures — l’accueil, la préparation, environ une heure de respiration, puis l’intégration. Au début, une séance toutes les deux à quatre semaines, puis selon vos besoins.
- En stage de groupe, sur une journée ou un week-end, pour plusieurs sessions dans un cadre immersif, portées par le groupe.
- Par cycles : chaque session libère une couche, et il est rare qu’une seule suffise. Un cycle de cinq à dix sessions permet un travail en profondeur.
Ce que l’on constate
Après une première session : une sensation de légèreté, d’espace ; une clarté plus grande ; parfois une fatigue, celle de ce qui s’est relâché ; des émotions qui continuent de s’intégrer les jours suivants.
Au fil des sessions : des tensions chroniques qui se dénouent, des charges émotionnelles qui se libèrent, plus d’énergie et de créativité, des schémas émotionnels qui se transforment, une relation différente à son corps et à ses émotions, et parfois l’ouverture à des états de conscience plus vastes.
Le processus n’est pas linéaire. Certaines sessions sont douces, d’autres intenses ; certaines touchent le corps, d’autres l’émotion, d’autres encore une dimension plus vaste. Chaque session libère ce qui est prêt à l’être. On est là pour être avec ce qui se présente, sans chercher à réussir la session.

