Graine qui germe en très gros plan : un cœur dense et immobile d’où se déploient les premiers filaments
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Action et contemplation : vivre sa spiritualité au quotidien comme une dyade

Temps de lecture : 13 minutes

Hier soir, j’ai fait deux dyades avec une partenaire qui pratique depuis longtemps. Quarante minutes chacune, par visioconférence, chacun chez soi. Rien de spectaculaire dans le dispositif : une personne donne une instruction, l’autre la reçoit, contemple ce qui surgit, puis le communique. On échange les rôles. On recommence.

À la fin de la seconde, je suis resté un long moment sans bouger. Quelque chose venait de se voir, et cela ne concernait pas seulement la séance. Ce que je venais de faire pendant quarante minutes, je le fais en réalité toute la journée, dans toutes mes relations, avec tout ce qui m’arrive. La dyade n’était pas un exercice posé à côté de la vie. Elle en était une vue en coupe.

Cet article part de cette intuition et la suit jusqu’au bout. Il parle de l’action et de la contemplation, de la vie active et de la vie contemplative, de ce qui se passe quand l’une écrase l’autre, et de la façon dont on peut vivre sa vie comme une dyade, sans jamais sortir de la pratique.

Qu’est-ce qu’une dyade ? Une méditation à deux qui dépasse le coussin

La dyade est la forme de travail que Charles Berner a mise au point dans les années 1960 pour les Séminaires Intensifs. Deux personnes sont assises face à face. L’une dit à l’autre : « Dis-moi qui tu es », ou « Dis-moi ce qu’est un autre », puis elle se tait. Celle qui a reçu l’instruction se tourne vers l’intérieur, regarde ce qui surgit, et le communique. Celle qui écoute ne commente pas, n’interprète pas, ne relance pas. Au bout de cinq minutes, les rôles s’inversent.

Il y a donc deux temps, et on ne peut pas les fusionner. Il y a un temps où je contemple, et un temps où je communique. Pendant le premier, je reçois : je laisse venir ce qui vient, sans le choisir. Pendant le second, je donne : je mets en mots, je fais sortir, j’adresse à quelqu’un. Si je ne contemple pas, je n’ai rien à dire, ou je récite. Si je ne communique pas, ce que j’ai vu reste en suspens, et le mental s’en empare.

On apprend ce rythme en séminaire, sur des chaises, avec une clochette qui marque les changements. Mais la structure n’appartient pas au séminaire. Elle est seulement rendue visible par lui, comme une loupe rend visible un grain qui était déjà là.

Action et contemplation : recevoir la vie, c’est contempler ; agir, c’est communiquer

Voici ce qui s’est imposé hier soir. Quand je reçois la vie, je suis celui qui contemple. Quand j’agis, je suis celui qui communique.

Un matin, un message arrive, une nouvelle, un visage dans la rue. À cet instant je suis dans la position de celui qui reçoit l’instruction : quelque chose m’est adressé, et je peux le laisser entrer ou non, le regarder vraiment ou le classer aussitôt. Puis je réponds, j’écris, je décide, je me lève, je vais quelque part. À cet instant je suis dans la position de celui qui communique : je fais sortir de moi quelque chose qui va toucher le monde.

La vie est un partenaire qui ne se tait jamais tout à fait. Elle donne des instructions sans arrêt, et elle attend qu’on lui réponde. Nous alternons les deux rôles des milliers de fois par jour, la plupart du temps sans le savoir, et presque toujours de travers : nous répondons avant d’avoir reçu, ou nous recevons sans jamais répondre.

Vu ainsi, beaucoup de choses deviennent simples à lire. Une journée où l’on se sent traversé, bousculé, dépossédé, c’est souvent une journée où l’on n’a fait que communiquer, sans un seul temps de contemplation. Une période où l’on se sent enfermé, stérile, loin de tout, c’est souvent l’inverse : on contemple, on rumine, on sent, et rien ne sort.

Le sentiment d’incomplétude : un critère plus juste que la réussite

Il faut alors se demander à quoi l’on reconnaît qu’une dyade s’est bien passée. En séminaire, la réponse est connue, et elle ne tient ni à l’éloquence ni à l’intensité. On la reconnaît à un sentiment de complétude : quelque chose a été vu, a été dit, a été reçu, et le cycle s’est refermé.

Dans la vie, j’ai longtemps utilisé un autre critère sans m’en apercevoir. Je jugeais mes journées, mes années, et finalement ma vie entière, à l’aune de la réussite extérieure : ce qui avait avancé, ce qui avait été construit, ce qui se voyait. Hier soir, en dyade, je me suis entendu dire que si je mourais maintenant, j’aurais l’impression d’avoir gâché ma vie, de l’avoir passée dans un espace très étroit, alors qu’il y a un vaste monde dehors.

Puis la phrase s’est retournée d’elle-même. Ce qui m’enferme, c’est moins l’étroitesse de ma vie que le verdict que je porte sur elle. Je la mesure depuis une perspective biaisée.

La réussite est une fausse solution. On peut réussir et ne pas être heureux, tout le monde le sait, et pourtant presque tout le monde continue de mesurer avec cette règle-là. Le seul critère qui ne trompe pas, c’est la complétude, et son signe visible, c’est la joie. La satisfaction, le bonheur simple d’une chose finie, d’un geste juste, d’une parole qui a été entendue. C’est cela qui doit croître. Le reste peut suivre ou ne pas suivre.

Et si la joie est le signe de la complétude, alors l’absence de joie est un signal précis : quelque part, un cycle ne se referme pas. Quelque chose a été reçu et jamais communiqué, ou quelque chose a été fait sans jamais avoir été contemplé.

Quand l’action sans contemplation devient impuissante

C’est là que j’ai reconnu l’une des choses les plus importantes de la soirée, je la partage telle qu’elle est venue.

Quand ma vie manque de complétude, c’est presque toujours qu’il y a un déséquilibre entre action et contemplation. Plus exactement, c’est que je valorise l’une des deux polarités et que je m’attache à elle au détriment de l’autre.

Dans mon cas, j’ai pris conscience que je valorise l’action. J’imagine que ce qui me manque, c’est de la réalisation matérielle : des projets aboutis, des séminaires remplis, une maison terminée, une œuvre visible, des livres… Alors j’agis davantage. Et plus j’agis, plus j’ai le sentiment que mes actions ne portent pas. Je fais des efforts énormes pour des résultats maigres, et j’en conclus qu’il faudrait agir encore plus, ou mieux, ou plus vite.

Hier soir, j’ai vu que le diagnostic était inversé. Ce qui manque, ce n’est pas de l’action. C’est de la contemplation. C’est de la présence à ce qui est. Et c’est ce manque de contemplation qui rend mes actions impuissantes.

Une action qui n’a pas été contemplée ne vient de nulle part. Elle n’est pas enracinée dans ce qui a été reçu ; elle est une réaction, une défense, une tentative de se protéger ou de prouver quelque chose. Elle a toute l’énergie de la peur, et aucune de la clarté. Elle peut produire beaucoup de mouvement et très peu de résultat, parce qu’elle ne sait pas vraiment à quoi elle répond.

En dyade, cela se voit immédiatement. Celui qui parle sans avoir contemplé remplit l’espace, raconte, explique, et au bout de cinq minutes rien ne s’est passé. Celui qui a vraiment regardé dit une phrase, parfois deux, et quelque chose bouge dans la pièce. La puissance d’une communication ne vient pas de sa quantité. Elle vient de la profondeur de la contemplation qui l’a précédée.

Ce que la soirée m’a montré va plus loin qu’une question d’équilibre. C’est seulement quand je descends vraiment dans la contemplation que l’action se met à porter. L’action juste ne se décide pas à la surface ; elle monte de ce qui a été reçu en profondeur, et elle a alors une tout autre force.

Maître Eckhart l’a dit en une phrase, au XIVᵉ siècle :

« Retourne dans ton propre fond et là, agis, car les œuvres que tu opères là sont toutes vivantes. »

Maître Eckhart, Sermons

Des œuvres vivantes : c’est exactement ce qui manque à l’action qui n’a pas été contemplée. Elle peut être efficace, elle reste morte. Elle ne transmet rien, elle ne touche personne, elle s’épuise avec l’effort qui l’a produite. Dans le Sermon 5b, Eckhart ajoute que l’homme qui agit à partir de son propre fond, si on lui demandait pourquoi il agit, répondrait seulement : « J’opère pour la raison que j’opère. » Une action qui vient du fond n’a plus besoin de se justifier par son résultat.

En dyade, c’est la même chose à petite échelle : descendre dans la contemplation, puis communiquer depuis là. Plus la contemplation est profonde, plus la communication est vivante, et développer l’une développe l’autre.

Je me suis souvenu d’une image que j’avais utilisée quelques mois plus tôt, en séance : d’un côté Maître Eckhart, de l’autre Elon Musk. Le mystique qui se retire et ne produit rien de visible, et l’entrepreneur qui transforme le monde sans jamais s’arrêter. J’avais l’impression d’être coincé entre les deux, sommé de choisir, et incapable de le faire. Chacun des deux modèles disqualifiait l’autre, et l’espace entre eux me paraissait médiocre.

Hier soir, une troisième image est venue, beaucoup plus humble : un moine dans un monastère, qui prie à certaines heures et travaille au potager à d’autres. Il n’y a rien d’héroïque dans cette vie-là. Et pourtant il s’en dégage quelque chose de complet, de calme, qui ressemble à un retour à la maison. Un temps pour l’intérieur, un temps pour l’extérieur, et ni l’un ni l’autre n’est méprisé.

Une voix intérieure a aussitôt protesté : tu devrais pouvoir aller directement vers l’intérieur, sans avoir besoin du jardin. J’avais pendulé dans la dévalorisation symétrique de l’action.

Mais la réponse est venue presque en même temps : si j’arrête d’agir, il n’y a plus rien à contempler non plus.

Vie contemplative et vie active : pourquoi la méditation ne suffit pas

On pourrait en tirer une conclusion trop rapide : puisque je manque de contemplation, il suffit de contempler davantage. S’asseoir, méditer, se retirer, attendre qu’à un moment la vérité se montre. C’est la tentation symétrique, et elle est aussi trompeuse que l’autre.

La contemplation qui ne passe jamais dans l’action finit par tourner sur elle-même. On voit, on comprend, on ressent, et rien ne change dans la manière de vivre. Ce qui a été vu reste en haut, dans la tête, comme une vérité qu’on possède au lieu d’une vérité qu’on habite. En dyade, c’est exactement ce qui arrive quand quelqu’un contemple longuement et ne communique rien : le cycle ne se ferme pas.

Il y a donc deux mouvements, et il faut les deux. Le premier consiste à agir la contemplation : faire passer dans le monde ce qui a été vu, lui donner une forme, un geste, une parole, une œuvre. C’est la manifestation. Le second consiste à contempler l’action : ramener ce qui a été fait vers son origine, le regarder, le laisser se résorber dans la conscience d’où il est sorti. C’est l’intériorisation.

L’un va du centre vers la périphérie. L’autre va de la périphérie vers le centre. Une vie complète est une vie où les deux mouvements circulent, sans que l’un bloque l’autre. J’ai pu le formuler hier soir avec une grande simplicité : agir la contemplation, et contempler l’action. Et j’ai vu qu’en ce qui me concerne, très souvent j’agis sans contempler, et je ne contemple pas davantage ce que j’ai fait.

Shiva Nataraja, signification : créer avec le tambour, résorber avec le feu

Une image de la tradition indienne dit tout cela mieux que moi. C’est Shiva Nataraja, le danseur cosmique, tel que le représentent les bronzes du sud de l’Inde : un dieu qui danse au centre d’un cercle de flammes, un pied posé sur un nain qui figure l’ignorance, l’autre levé dans l’air.

Shiva Nataraja, le danseur cosmique : le tambour qui crée et le feu qui résorbe, symbole de l'action et de la contemplation
Shiva Nataraja : le tambour crée, le feu résorbe.

Dans une de ses mains droites, il tient un petit tambour, le damaru. Le battement du tambour est le son par lequel les mondes commencent : la vibration première, le rythme d’où sortent les formes. Dans une de ses mains gauches, il tient une flamme. Le feu est ce par quoi les mondes se résorbent : ce qui consume les formes et les rend à ce qui n’a pas de forme. La danse elle-même, c’est le passage incessant de l’un à l’autre.

En regardant cette image avec ce que la dyade venait de me montrer, j’ai vu que je fais exactement cela, à mon échelle, à chaque instant. Je crée par l’action et par la communication. Je résorbe par la contemplation. Chaque fois que je parle, que je fais, que j’entreprends, un petit monde commence. Chaque fois que je regarde vraiment ce qui est là, sans rien y ajouter, un petit monde se dissout.

Je vais vers l’extérieur, je reviens vers l’intérieur. Je suis dans ce mouvement de création et de destruction, et je ne peux pas en sortir. Je peux seulement le vivre de travers, ou le vivre en entier.

Le fantasme d’un chemin plus complet que l’autre

C’est ici que se loge l’erreur la plus subtile, celle que les chercheurs avancés font plus souvent que les autres. Elle consiste à croire qu’un des deux mouvements serait plus complet que l’autre.

La version spirituelle de l’erreur dit : la résorption est supérieure. Aller vers le silence, vers le vide, vers la dissolution complète, ce serait aller vers le vrai, et tout le reste serait une distraction. Mais c’est refuser la manifestation. C’est valoriser l’inexistence aux dépens de l’existence. C’est vouloir un Shiva qui n’aurait qu’une main, celle qui tient le feu.

La version mondaine de l’erreur dit l’inverse : seule compte l’action, ce qui se construit, ce qui se voit, ce qui reste. La contemplation serait un luxe, une fuite, une perte de temps. C’est valoriser l’existence aux dépens de l’inexistence, et se condamner à produire des mondes qu’on n’habite jamais.

Les deux erreurs ont la même racine. Elles prennent une moitié du mouvement pour le tout, et s’y attachent. Dans mon histoire personnelle, j’ai longtemps oscillé de l’une à l’autre, en me reprochant chaque fois de ne pas avoir choisi la bonne. La dyade d’hier soir m’a montré qu’il n’y avait rien à choisir. Il y a seulement à laisser chaque mouvement se résorber dans l’autre : l’action dans la contemplation, la contemplation dans l’action, l’existence dans l’inexistence et l’inverse.

Le monde imaginal d’Henry Corbin : un troisième espace entre l’intérieur et l’extérieur

Si les deux mouvements doivent circuler l’un dans l’autre, il faut bien qu’il y ait quelque chose entre eux, un espace de passage où l’intérieur devient extérieur et où l’extérieur redevient intérieur.

Henry Corbin, le grand spécialiste de la mystique iranienne, a donné un nom à cet espace : le monde imaginal, le mundus imaginalis des philosophes soufis. Il ne s’agit pas de l’imaginaire au sens de la fantaisie ou de l’illusion. Il s’agit d’un plan intermédiaire, bien réel, entre le monde des idées pures et le monde des corps, un lieu où l’esprit prend forme et où la forme se spiritualise. C’est là, disait Corbin, que les visions des mystiques ont leur consistance propre.

J’ai pensé hier soir que c’est aussi ce que je cherchais à nommer en choisissant le nom de Psycelium. Le mycélium est le réseau souterrain qui relie les arbres d’une forêt, par lequel circulent l’eau, les nutriments et les signaux, invisible, et pourtant sans lui aucun arbre ne tient. Il n’appartient ni à un arbre ni au sol : il est le lien lui-même.

Une troisième image m’est revenue, venue cette fois de la science-fiction. Dans le cycle d’Ender, Orson Scott Card imagine des particules élémentaires qu’il appelle les philotes. Les étudiants en physique de son univers apprennent une formule par cœur : « Les philotes sont les éléments constitutifs de toute matière et énergie. […] On ne connaît des philotes que l’emplacement, la durée et la connexion. » Tout, dans ce monde, est fait de liens. Les êtres sont reliés par des rayons philotiques, et c’est à travers eux que circule ce qui les unit.

Trois vocabulaires, une seule intuition. Entre mon non-manifesté et mon manifesté, entre ce qui est reçu et ce qui est donné, il y a un tissu vivant, et ce tissu, dans le corps, porte un nom très concret : c’est le système nerveux. Il reçoit et il émet. Il sent et il meut. Il est la dyade faite chair.

Inspiration et expiration : la dyade à l’échelle du souffle

Le souffle offre la forme la plus simple de ce double mouvement, celle qu’on emporte partout.

À l’inspiration, je prends, je crée, je m’emplis. L’inspiration est active, volontaire : les muscles travaillent, la cage thoracique s’ouvre, quelque chose du monde entre en moi. À l’expiration, je lâche, je rends, je résorbe. L’expiration est passive, elle se fait toute seule dès qu’on cesse de retenir. Quelque chose de moi retourne au monde.

Personne ne songerait à se demander lequel des deux est le plus important. Qui voudrait inspirer sans jamais expirer, ou expirer sans jamais inspirer, ne vivrait pas longtemps. Et pourtant, c’est exactement ce que nous tentons de faire, à une autre échelle, quand nous voulons une vie tout en action ou tout en retrait.

Il y a dans le souffle une leçon plus fine encore. Entre l’inspiration et l’expiration, il y a un instant où ni l’une ni l’autre n’a lieu. Un point de retournement très bref, que les pratiques respiratoires connaissent bien. On peut le vivre comme une suspension inquiète. On peut aussi le vivre comme le lieu exact où les deux mouvements se touchent et se résorbent l’un dans l’autre.

Là où il n’y a ni création ni destruction

C’est vers ce point que la dyade d’hier soir m’a conduit, et c’est là que je voudrais m’arrêter.

Ma liberté ne consiste pas à choisir entre agir et contempler. Elle ne consiste pas davantage à trouver le bon dosage, un peu de l’un, un peu de l’autre, comme on équilibre un régime. Elle consiste à résorber l’action dans la contemplation et la contemplation dans l’action, jusqu’à ce que leur opposition cesse de peser.

Car ces deux mouvements ne sont que les deux faces d’une dualité apparente. Il n’y a, au fond, ni création ni destruction séparées, puisque tout est en permanence en train de naître et de disparaître. Chaque phénomène peut ainsi être regardé selon les deux perspectives : comme création et comme destruction, comme action et comme non-action. Le monde que je crée en parlant se défait déjà pendant que je parle. Le silence dans lequel je résorbe une action contient déjà l’action suivante. Shiva ne danse pas deux danses ; il en danse une seule. De même que le souffle garde sa substance essentielle, que celle-ci se manifeste comme inspiration ou comme expiration.

À cet endroit-là, il y a quelque chose qui ressemble à la liberté. Je suis conscient de tous ces mouvements, qui sont à leur manière illusoires, et en même temps conscient de leur unité : ils sont tous faits de la même matière, qui est présence, qui est conscience. Je ne cesse pas pour autant d’agir ni de contempler. Mais je cesse de croire que l’un des deux me sauvera de l’autre.

Je ne sais pas encore ce que cette soirée va changer concrètement dans ma façon de vivre. Je sais seulement que la prochaine fois qu’une journée me laissera un goût d’inachevé, je saurai quelle question me poser : qu’est-ce que j’ai reçu sans le communiquer, et qu’est-ce que j’ai fait sans le contempler complètement ?

Et je sais que la réponse ne se trouve pas seul. Elle se trouve face à quelqu’un, dans une dyade, ou dans ce grand face-à-face permanent qu’est la vie elle-même, qui ne cesse de nous répéter, sous mille formes, la même invitation : « Dis-moi qui tu es. »

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Pour explorer cette investigation plus directement : les Séminaires Intensifs vers l’Éveil (« Qui suis-je ? ») et les rencontres Sādhana.

Pour approfondir de votre côté : le test « Qui suis-je ? » sur les 15 étapes de la Connaissance de Soi, avec l’ebook qui l’accompagne — l’un et l’autre gratuits.

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