Peur du temps qui passe : ce que notre rapport au temps dit vraiment de nous
Personne n’a jamais vu le temps. On ne peut ni le toucher ni le montrer du doigt, il n’a ni odeur ni couleur. Et c’est pourtant lui qui organise à peu près tout : les journées, les rendez-vous, les disputes du matin, le sommeil, les regrets, un corps qui change dans le miroir de la salle de bains.
Et cette phrase, dite dix fois par jour sans jamais l’examiner : je n’ai pas le temps.
Augustin l’avait écrit il y a seize siècles, et on n’en est pas vraiment sorti : « Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; si je veux l’expliquer à qui me le demande, je ne le sais plus. »
Cet article ne va pas l’expliquer mieux qu’Augustin. Il va plutôt regarder ce que nous en faisons. Parce que ce que nous appelons notre problème avec le temps — la peur de le voir passer, le retard chronique, le manque perpétuel — n’est presque jamais un problème avec le temps.
Qu’est-ce que le temps ? Celui qu’on compte, et celui qu’on vit
Il y a un temps que nous vivons de l’intérieur, et qui n’obéit à aucune montre. Le corps a ses cycles : la faim, le sommeil, le souffle, la fatigue de fin d’après-midi, la clarté du matin. Une nuit blanche auprès de quelqu’un qu’on aime ne dure pas le même nombre d’heures qu’une nuit blanche à attendre un résultat d’analyse. Une réunion de quarante minutes peut être plus longue qu’un week-end entier.

Ce temps-là ne se mesure pas. Il s’éprouve, et c’est le seul dont nous ayons une expérience directe. Il a d’ailleurs une fiabilité que nous n’avons pas : le soleil ne s’est jamais levé dix-sept minutes en retard avec une excuse. Le cœur bat, les saisons reviennent, les marées montent à l’heure dite. Quand on s’y ouvre, cette régularité ressemble moins à une contrainte qu’à une forme de fidélité.
Et puis il y a le temps que nous comptons. Celui-là, nous l’avons fabriqué, et il est bien plus jeune qu’on ne le croit. L’heure qui synchronise aujourd’hui la planète entière, calée sur un méridien qui passe par un faubourg de Londres, a été adoptée par une conférence internationale à la fin du dix-neuvième siècle. Avant cela, chaque ville vivait à son heure. Le temps universel n’est pas une donnée de la nature : c’est une décision prise entre des gens, pour que les trains cessent de se rentrer dedans.
Un enfant de quatre ans à qui l’on dit « dans dix minutes on part, prépare-toi » n’a pas bougé d’un centimètre quand on revient dix minutes plus tard. Ce n’est pas de la mauvaise volonté. Dix minutes ne veulent rien dire pour lui. Il vit dans le temps du corps, et il faudra des années pour lui apprendre l’autre, celui qui vient du dehors et qui s’impose.
Le temps est-il une invention du mental ? L’idée de Charles Berner
Charles Berner, qui a consacré sa vie à observer le fonctionnement du mental, allait plus loin. Son idée est vertigineuse, et elle mérite d’être donnée telle quelle.
Deux personnes parlent en même temps. Aucune ne reçoit la pensée de l’autre : c’est le chaos. Alors elles conviennent que l’une parlera d’abord, et l’autre ensuite. Cet accord, dit Berner, est exactement ce qu’est le temps. « L’un ira en premier et l’autre ira en second, et c’est ce qu’est le temps. C’est juste cela — l’idée que votre communication prend la préférence sur la mienne. »
On n’est pas obligé d’y adhérer comme à une cosmologie. Il suffit de retenir la direction qu’elle indique : le temps est relationnel avant d’être physique. Il est né entre nous.
Et si le temps est né entre nous, nos difficultés avec lui ont de bonnes chances d’être nées entre nous, elles aussi.
Toujours en retard, ou toujours à l’heure : à qui parle-t-on ?
Ceux qui accompagnent depuis longtemps des personnes en difficulté avec le temps finissent par faire le même constat, simple et difficile à entendre : une relation conflictuelle et durable avec le temps peut presque toujours être ramenée à une relation conflictuelle précoce avec quelqu’un.
Prenez l’enfant qui traîne. On l’appelle, il ne vient pas. On le presse, il ralentit. Le matin devient une guerre, et la guerre finit par s’installer comme une manière d’être. Ce qui se joue là n’a rien à voir avec l’organisation. C’est une phrase qui n’a pas pu se dire autrement, et qui se dit avec le seul moyen dont un enfant dispose face à des adultes plus forts que lui : sa lenteur. La phrase ressemble en général à ceci : tu ne peux pas m’obliger.
Trente ans plus tard, un homme arrive systématiquement en retard à ses rendez-vous et croit avoir un problème de gestion du temps. Il a un message non délivré.
Un détail le trahit presque toujours : ce même homme devient ponctuel, comme par magie, le jour où il est amoureux — ou quand il y a beaucoup d’argent en jeu. La capacité existe donc. Ce qui manque n’est pas l’organisation, c’est la raison d’arriver. Et l’entrée en retard a souvent sa fonction propre : tous les regards se tournent vers la porte. Regarde-moi. J’existe. Je compte. Quand on le lui fait remarquer, il répond parfois avec une colère disproportionnée — une colère qui date d’une autre époque, et qui ne s’adresse pas à celui qui attend.
L’inverse existe aussi, et il est plus troublant. L’enfant peut capituler. Il devient le bon élève, toujours prêt, toujours à l’heure, celui sur qui on peut compter. De l’extérieur, c’est une réussite ; tout le monde le félicite, et le compliment verrouille le dispositif. De l’intérieur, il y a quelqu’un qui a peur, ou quelqu’un qui bout. Cette ponctualité-là ne vient pas d’un choix, elle vient d’un état figé — et elle est plus difficile à repérer que le retard, précisément parce qu’elle a l’air d’aller bien.
Poussées à l’extrême, les deux voies ont chacune leur figure. L’enfant sage peut devenir celui qui disparaît : si conforme, si peu gênant, que la maîtresse l’oublie en balayant la classe du regard. Le rebelle peut aller jusqu’à ne plus venir du tout, et exister par son absence : tu me remarqueras par le vide que je laisse. L’un comme l’autre devront un jour retrouver ce qu’on leur a pris : un choix libre.
Dans les deux cas, le temps sert d’intermédiaire à une communication qui n’a pas trouvé de voie directe. Je serai à l’heure pour que tu continues de m’aimer. Je serai en retard pour que tu voies que tu n’es pas mon maître. Ces manœuvres obtiennent parfois un résultat, et elles échouent toujours sur le fond : on ne peut obliger personne à aimer, et aucune ponctualité au monde n’y parviendra.
Vu depuis celui qui attend, un retard dit une chose très simple : quelque chose comptait plus que toi. Être à l’heure en dit une autre : tu comptes. Ce n’est pas une question de discipline. C’est une question de ce que nos actes disent à notre place.
Ne pas être en retard n’est pas être à l’heure
Il y a une expérience que connaissent beaucoup de gens anxieux du retard. On part avec deux heures d’avance, par précaution, et l’on se retrouve à patienter longuement dans une salle d’attente.
C’est souvent là, assis sur une chaise en plastique, qu’on comprend quelque chose. Être en avance n’est pas être à l’heure. C’est être en avance. Et en regardant honnêtement ce qui nous animait, on découvre qu’on n’avait jamais eu l’intention d’être à l’heure. On avait l’intention de ne pas être en retard.
Ce sont deux intentions différentes, et la seconde est gouvernée par la peur.
La question vaut pour chacun : nos horaires sont-ils tenus par un choix, ou par la crainte de ce qui arriverait si on ne les tenait pas ? Une vie entière peut se construire sur « ne pas être en retard ». Elle est sûre. Elle est anxieuse. Et elle permet de ne jamais rencontrer la vraie question.
Huit heures, c’est huit heures
Posez la question à quelqu’un qui se débat avec le temps : huit heures et huit heures une, est-ce la même chose ? Il répondra « à peu près », ou il s’agacera. Huit heures une n’est pas huit heures. Sept heures cinquante-neuf non plus.
L’idée paraît maniaque. Elle soulève pourtant des résistances étonnantes, et c’est ce qui la rend intéressante. Admise, elle apaise : pas d’excuse à préparer, pas de culpabilité vague, rien qui reste en suspens. Celui qui sait être précis devient libre d’être décontracté quand il le choisit. Celui qui ne le sait pas est décontracté par défaut, et il le paie.
Même logique pour la montre qu’on avance de cinq minutes « pour se forcer ». C’est un petit mensonge qu’on se fait à soi-même, et qu’on finit par connaître par cœur : on retire mentalement les cinq minutes, et le jeu recommence. Régler ses horloges à l’heure juste, c’est sortir du jeu. L’heure est là pour nous servir, pas l’inverse.
« Je n’ai pas le temps » : ce que cache le manque de temps
Le manque de temps passe pour le mal du siècle. On le traite avec des agendas, des applications, des méthodes pour tout faire plus vite. Rarement avec une question.
Pourtant la phrase est étrange quand on l’écoute. Nous avons tous exactement vingt-quatre heures, et nous les donnons toutes à quelque chose. « Je n’ai pas le temps » veut presque toujours dire : je l’ai donné ailleurs, et je préfère ne pas regarder où.
Chacun sait à quoi il donne un temps qui ne le mérite pas. L’écran du soir, la conversation qui tourne en rond, la tâche qu’on refait pour ne pas commencer celle qui compte. Personne ne le dit à voix haute. Et c’est là, bien plus que dans l’agenda, que le temps manque.
Une expérience simple le montre mieux que n’importe quel raisonnement : noter pendant deux jours, en détail et sans juger, à quoi l’on passe réellement son temps, comme le ferait une caméra. La vérité surprend presque toujours. Tel commercial découvre qu’il passe quatre heures par jour sur la partie théorique de son métier au lieu d’appeler ses clients. Telle mère de famille découvre que ses seuls moments à elle sont les vingt minutes de trajet en voiture, et comprend d’où venait la rancune qu’elle éprouvait sans raison envers les siens.
Beaucoup souffrent d’un emploi du temps qui ne contient pas assez d’eux-mêmes. Trop tourné vers les autres, il écrase ; trop tourné vers soi, il isole.
Et le manque de temps a un remède d’une simplicité presque vexante : le temps se crée en le programmant. Jamais le temps de voir cet ami ? On l’appelle, on fixe une date : le temps vient d’être créé. Le roman qui dort depuis dix ans, l’espagnol, le voyage à Venise avancent de la même façon, par une petite tranche régulière inscrite quelque part. Ce à quoi l’on dit oui et ce à quoi l’on dit non fabrique et défait le temps.
Clore n’est pas finir : pourquoi on a l’impression que rien n’aboutit
Il y a une autre source, plus sourde, à la peur du temps qui passe : le sentiment que la vie défile sans que rien n’aboutisse. La vaisselle revient, les factures reviennent, les réparations, les disputes, les réconciliations. On attend le jour où tout sera enfin fait, et l’on se dit qu’on sera bien ce jour-là.
Ce jour ne viendra pas. On peut clore les choses, on ne peut pas les finir. Tout ce qui compte revient en cycles. Un garagiste le dit sans philosophie : on ne répare pas les voitures, on travaille dessus.
La sortie ne consiste pas à se résigner. Elle consiste à mener ce cycle-ci à son terme, maintenant — cette pile d’assiettes, cette conversation, cette page. On cesse alors de se battre contre la vie, et l’on découvre qu’on peut apporter de la satisfaction à un geste au lieu d’attendre qu’il nous en donne.
Et il y a le moment qu’on laisse passer. Le regret le plus souvent entendu n’est pas celui d’une erreur, c’est celui d’un geste qu’on n’a pas fait : j’étais amoureux, je n’ai rien dit, j’ai été le seul à le savoir. Agir avant que le moment passe est aussi une manière d’être à l’heure.
Ceux qui font, ceux qui sont : le temps dans le couple
Tout le monde n’habite pas le temps de la même façon, et ce n’est pas toujours un problème à régler. Certains ont besoin de faire beaucoup, vite. D’autres ont besoin de prendre leur temps, d’« être » en faisant. Ce sont des natures avant d’être des défauts, et chacune est une manière d’aimer.
Face à un proche, la vraie question devient : qu’est-ce qui, chez lui, relève d’une difficulté qu’il pourrait travailler, et qu’est-ce qui relève de sa nature, qu’il s’agit d’accepter ?
Le couple en est le laboratoire. Ce qui nous a séduits chez l’autre au début devient souvent ce qui nous exaspère ensuite : il est si spontané devient on ne peut jamais compter sur lui. Parler du temps à froid, jamais au milieu de la crise, choisir parfois de ne rien dire du dîner en retard sans compter les points, garder un humour tendre : ce sont de petites choses, et elles valent mieux qu’un règlement.
Les quatre rapports au temps : de l’innocence à l’abandon
On peut distinguer quatre manières de se tenir face au temps. Ce ne sont pas des catégories définitives : on circule entre elles, parfois dans une même journée. Elles donnent une carte, et une carte suffit.
L’innocence. C’est l’enfant qui vit dans le temps du corps, sans savoir qu’il existe une autre horloge. Il n’y a là ni faute ni retard. Un adulte peut en garder une part, et ce n’est pas rien : cette part donne accès à l’instant ouvert, aux intuitions, aux gestes créateurs. Quand elle occupe seule le terrain, elle produit aussi des rendez-vous manqués et des proches épuisés.
Le conflit. Le temps devenu langage, arme, terrain de bras de fer. Il y a presque toujours au fond une charge ancienne — colère, chagrin, peur — et une phrase qui n’a jamais pu être adressée à la bonne personne. Tant qu’elle n’est pas dite, elle se dit autrement. On n’en sort pas en réécrivant le passé : ce qui est arrivé reste arrivé. On en sort en cessant sa part du combat, le jour où l’on voit qu’on le relance soi-même chaque matin. Ce déclic ne vient jamais d’un autre qui l’explique ; il se fait par étapes, avec des rechutes, jusqu’à ce que le vieux schéma apparaisse de loin, comme une ville fantôme.
Le choix. On y entre par deux renoncements précis : cesser de faire porter aux autres la responsabilité de son rapport au temps, et cesser de s’en servir pour obtenir quelque chose de quelqu’un. Ce n’est pas l’état d’un fanatique de l’agenda. C’est un état où l’on peut dire oui, dire non, se tromper, le reconnaître et corriger. Le temps redevient quelque chose qu’on manie, au lieu de quelque chose qui nous manie.
L’abandon. Il n’y a plus de volonté d’être à l’heure, et pourtant tout arrive à l’heure. Les rencontres se produisent quand elles doivent, le geste juste tombe au bon moment sans qu’on l’ait calculé. Certains l’appellent le temps divin, et aucune volonté ne peut l’obtenir : il vient par grâce, souvent au décours d’une période d’intensité, d’amour ou de pratique.
« Le temps n’existe pas » : le piège spirituel
C’est peut-être le point le plus important de tout ce qui précède : on ne peut pas sauter de l’innocence ou du conflit directement à l’abandon, de manière stable.
Beaucoup ont essayé. On peut y parvenir un moment, par une croyance, une pratique poussée, un éveil réel. L’éveil donne un aperçu ; il ne remplace pas le travail de traverser sa propre vie.
C’est pour cela qu’on croise, dans les milieux spirituels, des personnes qui ne sont jamais à l’heure nulle part et qui appellent cela de la présence, de la fluidité, de la confiance dans l’instant. « Le temps n’existe pas », disent-elles, et c’est peut-être vrai à un certain niveau. Mais l’illusion, si c’en est une, ne dispense pas de traverser les étapes. La confusion est coûteuse, et elle coûte surtout aux autres — à ceux qui attendent.
On ne récolte pas l’abandon en sautant le choix. Le chemin passe par le conflit reconnu, puis par le choix exercé, et c’est seulement ensuite que le reste peut être donné.
Le temps ne fait pas que prendre : il dépose
Nous parlons du temps presque exclusivement comme d’une soustraction. Il prend la jeunesse, il prend les gens, il prend les possibles, il prend les corps. La peur du temps qui passe se nourrit entièrement de cette colonne-là, et tout ce qu’elle contient est vrai.

Il existe pourtant une deuxième colonne, qu’on regarde très rarement. Le temps dépose. Il sédimente.
Une amitié de trente ans n’est pas un souvenir : c’est un objet réel, présent aujourd’hui, dans lequel trente ans se tiennent. Une compétence de vingt ans est du temps solidifié dans une main. La façon dont vous écoutez quelqu’un aujourd’hui a été fabriquée par tout ce que vous avez traversé.
Avec une clause, et elle est sévère : rien de tout cela ne dure par inertie. Les amitiés qui tiennent trente ans sont celles où quelqu’un a rappelé, est venu, a réparé, a pardonné, a refait le chemin. La sédimentation n’est pas un cadeau du temps, c’est le résultat de ce qu’on y a mis. C’est ce qui rend cette deuxième colonne si intéressante : elle est le relevé exact de ce à quoi nous avons réellement donné notre temps, quoi que nous en disions.
Faire la paix avec le temps qui passe
Reste la part que rien ne compense. La résolution la plus profonde de nos affaires avec le temps est l’acceptation de sa propre mort. Ceux qui ont veillé un mort le savent : être auprès d’un corps le fait comprendre d’un coup — nous avons vécu dans le fleuve du temps par une sorte de grâce, nos efforts y ont compté, et nous n’en avons jamais été les maîtres.
Il existe aussi un phénomène que beaucoup connaissent. Quand quelqu’un que nous aimons meurt, son absence est totale, indiscutable. Et pourtant il arrive qu’un fil demeure, quelque chose qui traverse la mort et le temps : la personne est partie, et pas partie. Faire la paix avec ce paradoxe est déjà une forme de résolution. Nous vivons un pied dans le fleuve, un pied ailleurs, et le jour où cette contradiction cesse de nous déchirer, notre rapport au temps a changé de nature.
Les soufis ont un nom pour celui qui s’est réconcilié avec le temps : ibn al-waqt, le fils de l’instant. Pas le maître du temps. Son fils. Ce qui suppose de reconnaître qu’on en est né, qu’on lui doit ce qu’on est, et qu’on ne le commande pas.
Trois questions pour changer de rapport au temps
Elles regardent chacune dans une direction du temps. Elles ne demandent pas de bilan, seulement un peu d’honnêteté.
- Vers l’arrière : qu’est-ce que je n’ai pas fini avec quelqu’un ? Si ce qui précède est juste, c’est là que se tient la racine de ce que nous appelons nos problèmes de temps.
- Maintenant : à quoi est-ce que je donne un temps qui ne le mérite pas ? Chacun le sait.
- Vers l’avant : qu’est-ce que je voudrais que le temps ait déposé, dans dix ans ? Pas ce que je veux faire ni obtenir. Ce que je voudrais voir, debout, en regardant en arrière.
Et pour la semaine qui vient, un seul geste. Choisir une seule chose pour laquelle on décide d’être à l’heure. Les fois où l’on ne l’est pas, ne pas se demander pourquoi on est en retard : se demander à qui l’on est en train de parler.
Une séance de clarification de la relation au temps
L’article pose une question : à qui parle-t-on quand on est en retard, ou quand on arrive toujours deux heures trop tôt ? Seul, on y répond rarement.
Je propose des séances de clarification de la relation au temps. On part d’une situation concrète : un retard qui revient, une salle d’attente où l’on s’installe bien trop tôt, une phrase comme « je n’ai pas le temps ». On cherche à qui ce comportement s’adresse, et ce qui n’a jamais été dit à cette personne. Une fois que c’est dit, le temps redevient en général une affaire d’organisation.
Je propose des séances individuelles, essentiellement en visio, avec la possibilité de séances ponctuelles en présentiel à Paris et à Montpellier. → Prendre rendez-vous
Si vous hésitez, écrivez-moi quelques lignes sur ce qui vous amène : je vous dirai si c’est le bon moment. Pour savoir comment se passe une séance : l’accompagnement individuel.
Questions fréquentes sur la peur du temps qui passe
Pourquoi a-t-on peur du temps qui passe ? Parce que le temps nous confronte à ce qui finit : l’âge, les occasions manquées, les relations, la vie elle-même. Cette peur grandit souvent quand on a le sentiment de ne pas vivre ce qui compte vraiment.
Comment ne plus manquer de temps ? Moins en accélérant qu’en regardant ce que cache le manque de temps : ce qu’on remet à plus tard, ce qu’on n’ose pas refuser, ce qu’on commence sans jamais le clore. Le temps manque souvent là où une décision n’a pas été prise.
Le temps est-il une invention du mental ? C’est la thèse de Charles Berner, présentée plus haut : le temps tel que nous le vivons naît de la relation et de l’activité du mental. Qu’on l’adopte ou non, l’idée invite à regarder son rapport au temps comme quelque chose qui peut changer.
Comment faire la paix avec le temps qui passe ? En vivant ce qui compte maintenant, en clôturant ce qui traîne, et en reconnaissant ce que le temps dépose au lieu de ne voir que ce qu’il prend.
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Pour aller plus loin
- Le mental, source de l’illusion du monde
- Qui est Charles Berner ?
- Pourquoi l’ennui est vital pour votre bien-être mental
- Comment puis-je rater ma vie ? Du risque de ne pas se connaître
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